| Voir plus bas (après la reproduction intégrale de l'article) un rappel du contexte | |
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OUEST-FRANCE 20 novembre 2008 |
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La gauche attaque encore la gestion de Luçon Les sommes en jeu sont – relativement – modeste, mais vu l’endettement de Luçon et sur fond de crise économique, l’affaire fait désordre.
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Ce n'est pas l'affaire du siècle, mais elle est très symbolique, même si Pierre-Guy Perrier, le maire de Luçon, affecte de prendre le dossier avec toute la légèreté voulue. Pourtant, qu'il le veuille ou non, cette affaire fait désordre, jette une ombre supplémentaire sur une ville dont la gestion est régulièrement épinglée (Ouest-France du 11 août et du 28 octobre 2008). Cette fois, c'est la préfecture qui a adressé récemment ses observations au maire. Du bout des lèvres, elle dit avoir constaté « quelques anomalies » et formé « quelques observations ». « Mais pour le préfet, le dossier est clos », rétorque le maire. L'affaire remonte à l'été dernier. A l'époque, le directeur de cabinet quitte ses fonctions. « Clairement, explique le maire, soucieux de montrer un profil de bon gestionnaire, c'était pour nous l'occasion de faire des économies. » Une version qui ne manque pas de faire sourire l'opposition. Car à peine l'ancien directeur avait-il tourné les talons qu'il proposait ses services à la Ville. Cette fois-ci en qualité de prestataire extérieur. « Nous avons lancé un appel d'offres pour un marché (1) de communication, explique le maire. C'est son dossier, qui était le mieux disant sur le plan financier, qui a été retenu. »
« J'ai l'esprit tranquille »
Très vite pourtant, le contrat est rompu. « Parce que notre prestataire a estimé qu'il avait trop de travail et qu'il ne pouvait pas tout honorer dans les meilleures conditions », justifie le maire. Pour l'opposition de gauche, la ficelle est un peu grosse. En fait, c'est plutôt le rappel à l'ordre de la préfecture qui expliquerait ce rétropédalage. Selon le chef de file de l'opposition luçonnaise Jean-Michel Demy, l'actuel maire aurait en effet agi « avec beaucoup de légèreté dans cette affaire, flirtant avec la légalité ». En analysant l'appel d'offres, les élus de gauche ont également découvert « d'étranges similitudes entre le profil du marché et le poste de directeur de cabinet », observe Jean-Michel Demy. « Comme si le poste pour ce marché avait été directement calqué sur celui de directeur de cabinet, poursuit-il. Même le salaire était comparable. » Pierre-Guy Perrier, lui, ne veut voir dans cette affaire « qu'une manœuvre de son opposition ». « J'ai l'esprit tranquille», ajoute-t-il. La ville n'a toutefois pas jugé utile de renouveler l'appel d'offres.
Philippe ECALLE
(1) La préfecture a été saisie de ce marché par un tiers. Compte tenu du montant du marché, inférieur à 230 000 €, il n'est pas soumis à l'obligation de transmission au titre de contrôle de légalité. |
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Le rapport de la chambre régionale des comptes constatait qu’en violation de l’article 3 du décret du 16/12/1987, qui spécifie que les crédits affectés à un recrutement de collaborateur de cabinet doivent être votés par le conseil municipal, un directeur de cabinet était apparu en 2005. Ceci « a eu pour conséquence de ne pas plafonner le traitement de l’intéressé » rémunéré au dernier échelon du grade de « Directeur territorial » (indice brut 985). Les explications du Maire sur ce recrutement, dans sa réponse au rapport (sans doute rédigée par ledit directeur de cabinet), étaient assez croquignolesques. Il fallait tout à la fois montrer qu’il a continué à jouer le rôle pour lequel il était censé être recruté (chargé de mission), tout en justifiant son titre de Directeur de cabinet (et son traitement). Nous avons, dans cette démonstration, l’illustration avant la lettre du travailler plus pour gagner plus ! Jugez vous-mêmes : non seulement il assurait sa mission de responsable de la politique intercommunale et économique, mais, le Directeur de la communication étant parti, il assurait son rôle, puis le Directeur culturel parti à son tour, même chose. Et non content de cela, il a pris en charge aussi « l’instruction de certains contentieux ». A lui seul, il en fait plus que trois ! Et l’on voudrait nous faire croire qu’un tel surhomme aurait abandonné un contrat qu’il venait de décrocher pour un "trop de travail" ! Car, en effet, la véritable mission pour laquelle il avait été recruté (assurer la propagande du maire sortant) et dont il ne se cachait pas, étant accompli, il pouvait prendre un peu de champ pour d’autres activités. L’argument de P.-G. Perrier sur ce départ occasion de faire des économies est cocasse puisque la prestation de services était rémunérée à peu près au même niveau que les émoluments dont bénéficiait le vrai-faux directeur de cabinet. Plus cocasse encore, cet appel d’offres, après le départ d’un prestataire de services – assez léger pour avoir répondu en été à un appel d’offres qu’il serait incapable d’assurer en automne, si l’on en croit la fable – n’a pas été renouvelé.SI le Maire voulait prouver qu’il était de circonstance, il ne s’y prendrait pas autrement. Aucun(e) citoyen(ne) de Luçon ne peut être dupe. Le rapport de la chambre régionale des comptes n’est sans doute pas étranger à la démission du faux-vrai Directeur de cabinet. Les interrogations préfectorales sur la légalité de l’appel d’offres sont la cause évidente du départ de son bénéficiaire , qui a servi de fusible. Retrait de la délibération, le dossier est clos ! |
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