Impudence de Perrier

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La ville est endettée, le maire assume et accuse

Plus c'est gros, mieux ça passe !

Inquiet ? Nerveux ? Troublé ? Rien de tout ça. Vendredi soir, Pierre-Guy Perrier, le maire, est au contraire apparu très détendu. En début de semaine pourtant, il avait reçu le rapport définitif de la chambre régionale des comptes. Vingt pages, dans lesquelles la chambre pointe en particulier - mais pas seulement (1) - l'endettement très inquiétant de la ville. La ville est donc endettée, mais le maire est content de lui. Très content même. Car cet endettement,: il l'assume, l'explique, le justifie, même s'il prend soin aussi de s'en dédouaner, au moins partiellement, faisant porter le chapeau à la gauche, qui a pourtant perdu les clés de la mairie depuis 13 ans, ou à la communauté de communes du Pays né de la mer.

Pour preuve de ses dires, un autre rapport, de 1995 celui-ci, et signé de cette même chambre régionale des comptes, qui avait épluché la gestion de la gauche alors au pouvoir. Et que disait-il, ce rapport ? « Que l'endettement était colossal, rappelle le maire, mais la différence avec aujourd'hui, c'est que la ville était sous-équipée. » Sous-entendu : ce n'est plus le cas aujourd'hui avec, entre autres, le théâtre Millandy, le complexe sportif des Gommées ou encore la rénovation du stade Jean-de-Mouzon. Une gauche qui, selon le maire, a laissé quelques belles « casseroles », « comme celle du séminaire (2) ». A l'époque, cogne encore le maire, « la petite ville de Luçon était en train de mourir, et nous l'avons réveillée ». « Je suis fier d'être Luçonnais »

Prince charmant, Pierre-Guy Perrier ? Les élus de la majorité en sont convaincus. Pour Dominique Bonnin, l'équipe municipale « a fait les bons choix ». Daniel Casseron note qu'en 1995, «la ville n'avait plus rien, qu'il a fallu qu'elle s'endette pour investir, mais sans demander plus d'argent aux Luçonnais. » Mais la palme de cet exercice d'autosatisfaction qui laisse l'opposition effarée revient à Daniel Cachet. « Ce soir, parade-t-il, je suis fier d'être Luçonnais. Ce rapport est encourageant. A toutes les pages, on s'aperçoit qu'on va dans le bon sens. Quand nous sommes arrivés au pouvoir, les caisses étaient vides, il y avait à peine de quoi payer les employés, alors, il a fallu emprunter. La chambre fait des remarques négatives et positives, mais les plus importantes sont les positives. »

 

L'opposition s'étrangle. Jean-Michel Demy, chef de file de l'opposition, s'étouffe. « De rancœur, parce que les électeurs ne vous ont pas fait confiance », cingle le maire. « De colère et d'écœurement, répond Jean-Michel Demy, car le passé sert de prétexte à vos difficultés de gestion. » Pour lui, la chambre ne fait que dire tout haut ce que lui et ses amis répètent, en vain, depuis de longues années : la ville de Luçon est financièrement à l'agonie, « et elle ne peut plus investir ». Bref, elle n'a plus les moyens de ses ambitions. Et il redoute que le pire soit à venir. Car le rapport s'arrête en décembre 2006. « Depuis, les choses se sont encore dégradées, avec un niveau d'endettement qui dépassera les 2 000 € par habitant à la fin de l'année. » Autre regret : que le rapport de la chambre tombe seulement maintenant. L'élu d'opposition n'est pas loin de penser que l'issue du scrutin de mars aurait été différente « si les électeurs avaient été informés ».

Philippe ECALLE.

 

(1) Le rapport (qui peut être communiqué à toute personne en faisant la demande), relève aussi une information insuffisante à l'égard du conseil municipal et des citoyens.

(2) Le séminaire a été vendu en septembre 2007. Il a été cœur d'un interminable imbroglio mêlant la ville à différentes sociétés.

 

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Un exemple de propagande électorale mensongère

De l'art de trafiquer les chiffres : l'excédent record se traduit par l'obligation d'emprunter 266 000 € pour faire face aux échéances des emprunts précédents ; certes c'est moins pire qu'en 2007 où il fallut faire face à un déficit de remboursements d'emprunts de

1 400 000 € !

Contrairement à ce qu'on affirme souvent, on ne peut pas faire dire n'importe quoi aux chiffres à condition d'avoir l'honnêteté de ne pas isoler un chiffre, hors de toute comparaison ou contexte. Le prétendu "excédent" montre seulement que les dépenses de fonctionnement n'ont pas, et c'est heureux, épuisé les ressources (impôts, Dotations de l'état, etc.). C'est ce qui donnera une capacité d'autofinancement dite brute. A noter, qu'en 2006, la moyenne nationale de la strate était 1,8 fois supérieure à celle de Luçon (pour un record, c'est un record). Il est vrai qu'en 2007, elle est 3 fois supérieure.

Mais cet "excédent record" reste totalement insuffisant pour "amortir la dette", c'est-à-dire rembourser le capital des emprunts en cours : il faut donc puiser dans les nouveaux emprunts pour faire face aux échéances. C'est dire que ce maigre excédent n'a aucunement permis de "continuer une politique volontariste et ambitieuse de travaux et d'équipements". Il s'agit là d'un mensonge cynique à des fins électoralistes.

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